en ré mineur, KV 626
Vendredi 13 juillet à 21h45
Durée du concert : 1h15
Direction musicale Myung Whun Chung
Solistes
Patrizia Ciofi, soprano
Nora Gubisch*, alto
Topi Lehtipuu*, ténor
Gunther Groissböck*, basse
Le concert se terminera par l’Ave Verum Corpus
Orchestre Philharmonique de Radio France
Chœur de Radio France
* pour la première fois aux Chorégies
En juillet 1791, Mozart reçut à Vienne un mystérieux visiteur qui lui demanda de composer pour son maître un Requiem. Ce commanditaire était le comte Franz von Walsegg-Stuppach, un aimable excentrique qui avait l’art de s’approprier des musiques écrites par d’autres et qui souhaitait en l’occurrence honorer la mémoire de sa jeune épouse défunte. Après un voyage à Prague au cours duquel il composa La Clemenza di Tito à l’occasion du couronnement de l’Empereur Léopold II, puis, de retour à Vienne, Die Zauberflöte (La Flûte Enchantée) et le Concerto pour clarinette, Mozart reprit au début du mois d’octobre le Requiem esquissé durant l’été et sur lequel il travailla jusqu’à ce que la maladie l’obligeât à s’aliter le 20 novembre. Il mourut le 5 décembre et le Requiem fut achevé par un de ses élèves, Franz Xavier Süssmayr, et un ami de Haydn, Joseph Eybler. Il fut exécuté, à Vienne d’abord en 1792, sous le nom de Mozart, tandis que le comte von Walsegg le faisait jouer dans sa chapelle le 14 décembre 1793 en s’en attribuant la paternité.
Cette Messe des morts en ré mineur, K.626, composée d’éléments qui ressortent du style savant, de l’opéra et de la franc-maçonnerie, est d’une cohésion remarquable, nonobstant le caractère inachevé de l’œuvre ; mais les indications données par Mozart à son élève Süssmayr d’une part, et le talent d’Eybler d’autre part, leur ont permis de conférer au Requiem cette dimension universelle qui en fait un chef-d’œuvre absolu.
L’Ave verum corpus, en ré majeur, K.618, aussi connu et célèbre que le Requiem, fut composé quelques semaines auparavant pour la Fête-Dieu de juin 1791. Dans la version originale, le chœur est accompagné par les violons, les altos, la basse et l’orgue. Le texte, qui n’appartient pas à la liturgie et que nombre de compositeurs germaniques ont mis en musique, est tiré d’un manuscrit que possède le monastère de Reichenau ; cette courte page est généralement jouée au cours de la messe catholique après l’Élévation. C’est une imploration d’une extrême simplicité sur le plan musical, adressée par le chrétien à son Sauveur sur la croix, traduisant l’angoisse résignée de l’homme face à la mort.
Philippe Gut